La mise à l’herbe

Entre le 15 et la fin mars, selon l’avancée du printemps, les animaux quittent les étables pour les prairies. L’espace, l’air, le soleil, l’herbe naissante, autant de nouveautés ou de souvenirs qui procurent chez les bovidés une joie de vivre communicative. Les veaux s’égaillent avec ruades et galops sur toutes les diagonales possibles des champs, les génisses et les mères laitières reprennent leur longs palabres d’us et de hiérarchie, tandis que de loin, taurillons et reproducteurs hument avec inquiétude des effluves chaudes et musquées.
C’est ce souvenir d’eau, d’air et de lumière qui remonte dans l’os de la bête abattue.